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le Mot du Chef Yannick JANIN


      En finir avec le culte de la médiocrité...
Je ne suis pas d'humeur joviale ces derniers temps tant je suis navré par l'actualité et surtout par la façon dont on nous assène de messages négatifs, qui finalement nous minent le moral. Même si c'est vrai pour beaucoup de domaines, je parle ici uniquement de gastronomie.
      On nous a rabattu les oreilles de "l'affaire Robuchon ou Alleno" qui sont des méchants vilains patrons qui grondent leurs salariés... Certes, le harcèlement moral, physique ou sexuel n'est pas admissible, il est d'ailleurs sévèrement puni par la loi et c'est tant mieux car trop d'abus ont été tus. Il n'en est pas moins vrai que comme l'a dit sur France info Thierry Marx "quand on veut travailler pour la formule 1 il faut s'y préparer tant le niveau d’exigence est élevé". Trop souvent des doux rêveurs pensent qu'ils vont avoir un super CV en allant dans ces grandes maisons, c'est vrai, mais ce n'est pas sans contre-parties. Les chefs incriminés ont largement contribué à la réputation de la gastronomie et permis aux médiocres de la cuisine de trouver du travail n'importe où dans le monde avec pour seul critère qu'ils sont français et qu'ils doivent par conséquent, être compétents... Il faudrait peut être le rappeler. 

      Quant aux bons et aux très bons, en l’occurrence les étoilés, ils ont surtout fait l'actualité parce que pour la première fois la présentation du fameux guide Michelin s'est faite au quai d'Orsay (le ministère du tourisme étant rattaché aux affaires étrangères) mais cela n'a fait qu'un feu de paille et moins d'une semaine plus tard plus rien... Navrant au pays de la Gastronomie. Que dire des nouveaux MOF cuisine (8 dont une femme sur 431 candidatures) et pâtisserie (3 élus). Ces concours qui sont certainement les plus difficiles du monde, selon moi, et qui ont lieu que tous les quatre ans, sont souvent oubliés ou peu mis en avant par les journaux généralistes. Les cuisiniers au cols bleu blanc rouge mériteraient sans doute un gros coup de projecteur au moins autant que les étoilés qui, même si ils sont une référence, n'arborent pas les couleurs nationales et n'ont pas la pression d'un pays à représenter ! Le Sénat et le Président de la République honorent traditionnellement les lauréats mais ils restent peu suivis par les médias et je trouve cela regrettable...
Yannick Janin